EDF - Actionnaire - La lettre n°11 - Mars 2010 - Entretien - Entretien avec Henri Proglio

Entretien / Entretien avec Henri Proglio – Président Directeur Général d’EDF

Entretien

Entretien avec Henri Proglio – Président Directeur Général d’EDF

Vous venez de présenter les résultats d’EDF dont vous héritez puisque vous êtes arrivé à la tête de l’entreprise fin novembre 2009. Que pouvez-vous en dire ?

Les résultats du Groupe pour l’exercice 2009 sont solides. L’évolution très forte des résultats, liée aux acquisitions réalisées en 2009, conduit désormais à une répartition à peu près équivalente entre les activités internationales et françaises. Si ces résultats sont satisfaisants dans une période de crise, on doit néanmoins faire la distinction entre des activités à l’international en très forte progression, et des activités en France en régression de 9 %. Cette situation est une préoccupation majeure du Groupe, qui va devoir améliorer le résultat de ses activités en France tout en poursuivant son développement international.

Comment comptez-vous améliorer la productivité des centrales nucléaires en France, sachant qu’EDF a été forcé d’importer de l’électricité cet hiver ?

Mon intention est de faire en sorte qu’EDF redevienne exportateur d’énergie dans un avenir proche. Nous devons améliorer la performance économique du parc de centrales existant. Pour 2010, mon intention est de gagner de 1,5 à 2 points de coefficient de disponibilité, avec un objectif de 85 % de disponibilité à terme, au-delà du meilleur taux atteint par EDF dans le passé (83,6 %).

Après le nucléaire en France, un mot sur l’international : quelle leçon tirez-vous de l’échec de la filière nucléaire à Abou Dhabi ?

Pour qu’Abou Dhabi ne se répète pas et que la maison France gagne des contrats nucléaires à l’international, il me paraît souhaitable qu’EDF soit plus largement sollicité. Avec ses 58 réacteurs nucléaires en France et un total de 82 réacteurs nucléaires gérés dans le monde, EDF est de très loin le premier opérateur nucléaire mondial. C’est le seul Groupe capable de construire et d’être architecte-ensemblier de grands ensembles nucléaires.

Le nucléaire est au cœur de votre stratégie. Les énergies renouvelables sont également une priorité. Que comptez-vous faire dans ce domaine ?

Le nucléaire est une des cartes maîtresses d’EDF, au côté de l’hydraulique, du thermique… En matière d’Les énergies renouvelables, le groupe EDF doit être la référence mondiale, notamment dans le domaine de l’énergie photovoltaïque.

Vous insistez sur le client, la proximité, la qualité de service, les missions de service public. Pensez-vous qu’EDF doit s’améliorer ?

Aujourd’hui, EDF doit améliorer la proximité, la réactivité et la qualité de service au client, qu’il soit particulier ou professionnel. Des progrès sensibles sont à accomplir.

Aujourd’hui, le gouvernement veut réformer le marché de l’électricité, en faisant obligation à EDF de vendre à ses concurrents son électricité d’origine nucléaire à prix coûtant. Vous pensez que ce dossier va aboutir ?

Ce projet correspond à l’application d’une directive européenne sur l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence. EDF s’inscrit pleinement dans la concurrence. Cependant, cette nouvelle réglementation doit être incitative pour l’investissement, de manière à ce que l’indépendance nationale dans la production électrique soit assurée. Ensuite, EDF ne doit pas être contraint de vendre en dessous du prix de revient ; un prix qui doit intégrer les investissements indispensables pour prolonger la vie des centrales, les coûts de démantèlement, les coûts d’entretien courant… Il faut arriver à une situation qui respecte les grands équilibres économiques.

Comment allez-vous financer cette stratégie ? Où en êtes-vous de votre désendettement, de votre programme de cessions d’actifs ?

Il est important de comprendre que la croissance et la richesse créées par nos activités permettent d’améliorer la solvabilité de l’entreprise. Il faut ainsi mettre en regard de la dette les flux de richesse créés par l’entreprise. La dette d’EDF est loin d’être insupportable pour l’entreprise. EDF est parmi les sociétés qui ont la meilleure notation financière. L’essentiel est de veiller à ce que les performances de l’entreprise évoluent plus vite que la dette et à ce que la rentabilité des capitaux investis s’améliore d’année en année. EDF dispose de 250 milliards d’euros d’actifs gérés. Il peut y avoir quelques arbitrages d’optimisation, afin de permettre au Groupe d’accroître sa flexibilité financière.

Vous arrivez avec un projet social fort, qui passe par la valorisation des compétences et l’ascenseur social. Un projet qui a fait ses preuves chez Veolia. Pensez-vous qu’il peut réussir pour EDF ?

Oui, j’en suis convaincu. EDF a un enjeu important en matière de transfert de compétences, pour le remplacement des équipes qui vont partir ou le développement du Groupe qui restera vigoureux dans les prochaines années. Ma première décision a été de mettre en place un outil de développement de compétences, à la fois ascenseur social, créateur de mobilité interne et de richesse pour l’entreprise.

Je ne connais pas d’entreprise qui réussisse sans associer une belle aventure industrielle et une aventure sociale et humaine. C’est ma conviction et c’est ce que je vais faire.

Henri Proglio - Président Directeur Général d’EDF Henri Proglio
Président Directeur Général d’EDF

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